07 février 2012

Le marketing de la bonne conscience

Il y a des moments dans la vie où l'on n'a pas le choix. Par exemple, lorsqu'une canalisation saute à Genève, que le tram arrive avec vingt minutes de retard, qu'il est bondé et que l'on se retrouve coincé entre trois volumineux individus, face à l'écran publicitaire.

Cela a du bon. On peut apprendre des choses qu'on ignorait. Notamment qu'un garage propose de planter un arbre pour chaque voiture achetée. Le genre d'info qui donne envie de s'offrir un véhicule par conviction écologique. J'attends encore qu'on plante un arbre pour chaque litre d'essence consommé. Là, enfin, je pourrai assouvir mon fantasme de rouler en 4x4 à travers le monde pour sauver la planète.

L'argument écologique est devenu, on le sait, une stratégie marketing. On aime acheter bio: normal, c'est plus sain. On aime acheter écolo: logique, c'est une façon de réduire son impact sur l'environnement. Mais compenser un achat notoirement mauvais pour l'environnement par un acte qui lui serait favorable, c'est revenir au début du XVIe siècle, c'est le grand retour des Indulgences. Acheter son salut, comme on s'achète une bonne conscience. S'assurer que, peu importe ses actes, les portes de l'éternité céleste ne se refermeront pas sous son nez. Un comble, dans une ville réformée.

 

Robin Majeur

 

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