14 décembre 2011

Une élection inconcordamment concordante

Les puristes de la langue française ne manqueront pas de sourciller à la vue du néologisme contenu dans le titre. Mais il faut bien se rendre à l'évidence: la vedette de cette élection au Conseil fédéral était la grande, la belle, la majestueuse Concordance. Osons la majuscule! Parce qu'elle la vaut bien.

Avant de procéder aux élections, Antonio Hodgers expliquait malicieusement qu'il "n'y a pas concordance sur la [définition de la] concordance". Il ne pensait peut-être pas en avoir une démonstration si probante par la suite. À la tribune, aux micros des journalistes, chaque camp a revendiqué son indéfectible fidélité à la vedette du jour pour justifier des positions pourtant contradictoires. Concordance arithmétique, concordance collégiale, concordance pour la stabilité des ministres sortants: on a paré la diva d'atours aussi élégants que divers.

Résultat: Mme Widmer-Schlumpf a été réélue au nom de la concordance selon la droite modérée et la gauche, au détriment de la concordance selon l'UDC et ses (maigres) alliés, qui proposaient les concurrents MM. Rime et Walter dans la course à la concorde. Insaisissable concordance! Inépuisable vertu! Intarissable source de légitimité! Tout concorde à croire que les politiciens, pas d'accord mais pas cons, accorderont encore bien des tours de danse à Dame Concordance.

 

Robin Majeur

 

16:32 Publié dans Prendre le temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : conseil fédéral, élection | |  Facebook